Plus de la moitié des cybercrimes en Afrique sont commis en utilisant l’IA (Interpol)

NAIROBI, 4 août. /TASS/. L’intelligence artificielle (IA) a été utilisée dans 55% des cybercrimes recensés en Afrique en 2025, selon un rapport d’Interpol consacré à l’évaluation des cybermenaces sur le continent.

Selon l’organisation, l’IA permet aux criminels d’accélérer et d’automatiser la préparation de leurs attaques, de produire de fausses images, de faux enregistrements audios et de fausses vidéos, ainsi que de créer des identités numériques fictives. Celles-ci servent notamment à ouvrir des comptes bancaires, à obtenir des prêts et à enregistrer des cartes SIM.

« La cybercriminalité est devenue l’une des principales menaces criminelles pour la région, a déclaré Neal Jetton, directeur de l’unité de lutte contre la cybercriminalité d’Interpol. L’IA permet d’automatiser toutes les étapes d’une cyberattaque, de la reconnaissance et de l’hameçonnage à l’extorsion et au contournement des dispositifs de détection ».

Les pertes liées à la cybercriminalité en Afrique ont plus que doublé en un an, passant de 192 millions à 484 millions de dollars. Le nombre de victimes recensées est passé de 35.000 à 87.000. Les escroqueries en ligne restent la forme de cybercriminalité la plus répandue, tandis que la compromission des messageries professionnelles est celle qui occasionne les pertes financières les plus importantes.

Selon Interpol, l’Afrique de l’Est est devenue l’un des principaux foyers de fraude aux paiements mobiles et d’attaques par rançongiciel visant des infrastructures. Au Kenya, 123.000 cartes SIM utilisées à des fins frauduleuses ont été recensées en 2025. En Tanzanie, le durcissement des règles d’enregistrement des cartes SIM a entraîné une baisse de 19% des tentatives de fraude.

Le rapport a été établi à partir d’informations fournies par les forces de l’ordre de 36 pays africains. Les données recueillies par Interpol montrent que seules 22% des unités de criminalistique numérique du continent disposent de l’expertise nécessaire pour faire face aux menaces liées à l’IA, tandis que 94% manquent d’équipements spécialisés.